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Ecosalubrite 2012 - Ecosalubrite 2012 will be held at the Forzani Place in Laval, Quebec on April  24th, 2012.
Une Deuxieme Souffle
PPI Content - Le Nettoyage Professionnel



Une Deuxieme Souffle
Par Michel Landry, President fondateur, Sanigesco Plus
Vous conviendrez avec moi que le niveau de propreté dans la grande majorité des établissements du milieu de la santé s’est grandement amélioré au cours des deux dernières années !
Tout n’est pas parfait pour autant, mais le ton a été donné. La propreté, l’hygiène et la salubrité ont sans nul doute repris du galon, probablement plus qu’elles n’en ont jamais eu auparavant… Les vérifications de gestion et les inspections du niveau de propreté qu’il nous a été demandé de réaliser, soit par le MSSS, soit par certains établissements de toute dimension et vocation, l’ont maintes fois démontré sans aucune équivoque.
Le présent article vise à tenter un état des lieux provisoire, à chercher à comprendre comment les services d’hygiène et de salubrité sont parvenus à réussir ce redressement remarquable, impensable même il y à peine quatre ans. Plus souvent qu’à leur tour, et on ne le sait que trop, les services d’hygiène et de salubrité vivent des périodes de turbulences extrêmes, de dénigrement et de dévalorisation insondables. Qui ne se rappelle pas des coupures aveugles de l’ordre de plus de 30 % d’il n’y a pas si longtemps déjà. Tout ce qu’il faut pour créer une commotion et un état de léthargie sans pareil.
Le temps des réformes arrive, enfin !
Tout d'abord, il aura fallu que la fin de la récréation sonne, que l’heure des comptes arrive en regard de décisions comptables prises à l'aveuglette ! Des décès survenus auprès des personnes âgées et en perte d’autonomie principalement, causés principalement par le Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM), le C. difficile et le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), ont agi comme déclencheurs. Ces décès et les autres cas de contaminations que l’on a pu contenir tant bien que mal ont rappelé aux professionnels de la santé, à leurs gestionnaires et aux politiciens tout partis confondus, à la population directement touchée chez certains proches ou connaissances, la nécessité d’une vigilance de tous les instants. Se rappeler, ramener au seuil de conscience et de comportements acceptables l’obligation pour tous de respecter les règles universelles de prévention des infections, l’obligation d’établir et de respecter scrupuleusement les protocoles en vue de prévenir les infections et de les endiguer. La table était mise si on peut le dire ainsi pour qu’une réforme majeure prenne place.
Dorénavant, les infectiologues, microbiologistes, infirmières préventionnistes, directions d’établissements, services techniques, chefs de service de salubrité allaient être écoutés, considérés, impliqués, responsabilisés. Tous les professionnels et employés du secteur de la santé, tous les maillons de la chaîne ont dû apprendre à devenir partie prenante d’une solution durable et rigoureuse. Progressivement, tout un chacun a pris conscience que l’obtention et le maintien de conditions d’hygiène et de salubrité acceptables, c’était l’affaire de tous, pas seulement des préposés à la salubrité ! Les travailleurs et travailleuses en milieu de santé ont pris conscience plus que jamais qu’ils faisaient partie d’une grande chaîne. Grosse commande dites-vous ?
La plupart des chefs de service de salubrité ont fait preuve de beaucoup d’abnégation, de courage, de détermination, d’engagement personnel, d’un très grand nombre d’heures de travail, d’un niveau de leadership que l’on ne leur connaissait pas, ou que l’on ne leur reconnaissait plus dans certains cas, d’un professionnalisme certain dans la très grande majorité des cas. Ils ont relevé le défi avec brio, ils ont accordé à la problématique de la prévention et de contrôle des infections une attention de tous les moments. Ils ont collaboré activement. Ils ont su mobiliser leurs troupes. Ils ont su renouveler leurs pratiques en synergie avec d’autres instances, ils ont su contribuer à recréer un esprit de coopération interservices.
Ce ne sont pas les défis qui manquaient. Le bateau coulait de partout ! Dotation du personnel défaillante et laxiste, insuffisance de personnel, formation superficielle quand il y en avait, supervision débordée et à bout de souffle et d’inspiration, fragmentation de l’organisation du travail, démobilisation importante des préposés, équipements désuets ou manquants, protocoles de nettoyage dépassés ou inexistants, insouciance ou négligence de certains travailleurs et professionnels de la santé, absence de plans concertés véritablement soutenus par la direction, rien de moins.
Appuyé, poussé parfois par le MSSS et les agences régionales, des comités spécialisés (groupe Hygiène et salubrité en regard de la lutte aux infections nosocomiales, comité sur les infections nosocomiales du Québec (CINQ) et autres) appuyés par plusieurs fournisseurs crédibles, plusieurs établissements à la fois, dans plusieurs régions à la fois, nos gens se sont retroussé les manches. Ils ont établi des plans d’action, ont démontré le savoir-faire que plusieurs personnes oeuvrant dans notre secteur d’activités possèdent depuis des décennies et n’avaient plus vraiment l’occasion, les moyens ou le support requis pour l’appliquer et le mettre en valeur. On a montré ce dont on était vraiment capable, de quelle étoffe ont était fait ! Un chantier, un vrai comme on n’en avait jamais connu auparavant.
On a su démontrer preuves à l’appui que l’obtention et le maintien de conditions d’hygiène et de salubrité optimales nécessitaient un ensemble d’accessoires, d’outils et de processus incontournables afin d’exercer notre métier avec professionnalisme et rigueur en vue d’une obligation de résultat :
  - un vrai profil de salubrité adapté aux différents plateaux techniques et aux mesures de prévention et de contrôle des infections reconnues et mises de l’avant ;
  - une estimation exacte et rigoureuse des heures de travail nécessaires avec des horaires de travail conséquents ;
  - des critères précis de sélection du personnel, un plan d’accueil, le contenu et la durée d’un plan de formation de base et de formation continue ;
  - l’ajout de personnel en supervision sur les quarts de soirée et de fin de semaine ;
  - l’acquisition d’outils, d’équipements, d’accessoires de nettoyage de nouvelle génération en quantité et qualité appropriées ;
  - des contrôles d’appréciation régulière de l’indice de propreté à partir de mesures scientifiques fiables.
Encadrées, outillées et supportées par le ministère de la Santé et des Services sociaux et des directions de santé publique, la très grande majorité des directions d’établissements ont compris le message. Maintenant convaincues du bien-fondé des mesures rigoureuses de prévention et de contrôle des infections, les directions d’établissements se sont enfin mises à réinvestir massivement dans notre service pour construire, satisfaire et respecter les besoins et exigences règlementaires et recréer une culture de prévention et de professionnalisme.
Graduellement, semaine après semaine, mois après mois, nous avons repris confiance en nous, en nos capacités. Un discernement a pris place au sein des établissements. Nous comprenons mieux notre rôle, nous savons mieux et plus ce que les autres attendent de nous. Nous avons développé un sentiment de fierté et de responsabilité dans l’accomplissement de nos tâches. Nous avons accepté de prendre davantage notre place en meilleure synergie avec les autres équipes de nos établissements, nous savons mieux comment fournir notre collaboration. Nous avons accepté de continuer à apprendre et à nous adapter, même à nous imposer dans certains cas.
Plus encore, LES AUTRES ont commencé, ou recommencé, à nous reconnaître des compétences, une crédibilité, le droit de communiquer, de sensibiliser, d’intervenir, de suggérer des façons différentes, innovatrices parfois.
Enfin, nous existions à nos yeux, aux yeux des autres. Individuellement et collectivement, les salubristes, les chefs de secteurs, les chefs des services en hygiène et salubrité, nous avons repris confiance en nos moyens, nous avons repris confiance en nous. Nous nous sommes remis à respirer.
Un second souffle, celui que l’on attribue à ceux qui persévèrent, à ceux qui réussissent à reprendre le dessus, s’est mis à souffler en nous et dans tous les maillons de notre secteur d’activités, plusieurs personnes à la fois, dans plusieurs endroits à la fois.
Des efforts extrêmement importants ont été investis. Tout n’a pas encore été fait, tant s'en faut. Des défis permanents restent encore à relever. Il faut demeurer diligent et vigilant. Des processus doivent être mis en place et révisés régulièrement afin d’assurer le développement du personnel de supervision, la gestion des connaissances, du savoir-faire et du savoir-être, la formation continue du personnel, mettre en place des programmes d’entretien préventif des équipements, procurer des locaux d’entreposage fonctionnels, mesurer régulièrement nos indices de propreté et de salubrité, établir des espaces de communication avec les autres services et avec la population afin de nous aider, de nous supporter afin de faciliter et d’assurer des établissements de santé plus propres, agir avec écocivisme. Nous devrons porter plus particulièrement attention aux CHSLD (Centres d’hébergement et de soins de longue durée) qui, comptant sur encore moins de ressources que les centres de santé, devront être aidés, assistés, soutenus.
 Sans aucun doute, des centres d’excellence en hygiène et salubrité en établissements de santé ont pris racine et se développent un peu partout. Ils sont la preuve que l’on peut y parvenir. Qu’on se le tienne pour dit, l’exemple est contagieux…!

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