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Ecosalubrite 2012 - Ecosalubrite 2012 will be held at the Forzani Place in Laval, Quebec on April  24th, 2012.
Plaidoyer pour une formation continue en gestion de l’écosalubrité
 
Plaidoyer pour une formation continue en gestion de l’écosalubrité

Mes deux articles précédents ont permis de confirmer que trop souvent, un écart parfois considérable existe entre les bonnes pratiques préconisées (par les fabricants et les organismes de normalisation) et les résultats observés sur le terrain. Selon le milieu et le contexte, ces écarts, ou parfois même omissions, peuvent prendre les formes suivantes : erreur sur le type de produit à utiliser, non-respect des dilutions requises, non-respect des temps de contact, accessoires, produits et équipements incompatibles, non-respect des fréquences recommandées, évaluation arbitraire des technologies, évaluation tronquée des soumissions pour contrats de nettoyage, formation improvisée des remplaçants (lorsqu’on a du personnel de remplacement), autres.
Pendant ce temps, les services clients que nous desservons (écoles, établissements de santé, organismes paragouvernementaux, industries, commerces), ou certains de leurs départements, doivent faire preuve plus que jamais de diligence raisonnable, de créativité, d’efficacité et de productivité dans la prestation des services à rendre. Leur mauvais rendement peut avoir parfois, et de plus en plus souvent avouons-le, des conséquences graves (santé des personnes, heures d’enseignement perdues, taux d’absentéisme élevé, heures de production perdues, pertes économiques). Qui plus est, pour les établissements institutionnels et tous ceux qui sont réglementés, et ils sont de plus en plus nombreux dans toutes les sphères d’activités, leur mauvais rendement peut être sanctionnée au plan juridique et économique.
Dans un contexte d’obligation de résultats, ces écarts ou omissions dans notre chaîne de production ne peuvent plus être tolérés dans nos services de salubrité. Objectivement, lorsque ces écarts se produisent, ils affaiblissent la chaîne de production d’une partie ou même de toute une organisation, obligent les occupants, les usagers ou les clients à subir des conditions d’insalubrité inacceptables, fragilisent la chaîne de prévention des infections, ralentissent indûment l’accès à des chambres pour des personnes malades, etc. Ces contre-performances accroissent inutilement les coûts, allongent les délais, élèvent le niveau de risques. À terme, elles minent au sein de notre institution, de notre organisation, de notre clientèle et parfois de la communauté, notre crédibilité comme gestionnaire du service de salubrité.
La période actuelle demande et exige davantage de chacun de nous, gestionnaires et superviseurs expérimentés ou relève émergente. Elle requiert à la fois une démarche rigoureuse en vue de pallier de façon définitive ces lacunes de gestion des opérations et un rehaussement significatif des critères, des exigences, des connaissances et des compétences requises pour être en mesure de gérer efficacement nos services de salubrité.
Vous le savez comme moi, les défis sont nombreux et complexes pour qui veut assurer un environnement sain et salubre dans nos différents milieux : gestion multiservice, gestion multisites, gestion en milieu culturel, gestion en cas d’éclosions d’infections, gestion en cas probable de pandémie, propreté de nos centres-villes. Au cours de la dernière décennie, le savoir et le savoir-faire se sont accrus considérablement dans notre discipline. Tandis que certains individus, sur une base personnelle, n’ont pas craint de continuer à chercher, à apprendre, à maîtriser, d’autres se sont contentés de suivre le courant, de tenter d’appliquer les mêmes recettes à des problèmes nouveaux, plus complexes. Certains autres ont même cherché à freiner l’introduction de changements rendus nécessaires ou même à retourner en arrière.
À titre de gestionnaires responsables, que l’on soit de premier ou de second niveau, ou bien une relève qui veut occuper des postes en gestion de la salubrité, nous avons l’obligation de mettre à niveau nos connaissances et nos compétences (savoir, savoir-faire et savoir-être). Selon la formation et le parcours professionnel de chacun, des pans entiers ou des mises à niveau, soit en gestion des opérations, gestion des ressources humaines, gestion du changement, gestion des communications, gestion des contrats de nettoyage, gestion des technologies informatiques sont à acquérir ou à actualiser. Il y va dans un premier temps de la justesse et de la pertinence de nos décisions et, dans un second temps, de notre crédibilité et de notre pouvoir d’influence. Nos institutions, nos patrons, nos services clients, nos employés, la communauté attendent plus et mieux de notre part.

Comment répondre à ces attentes et à ces exigences ? Si vous le voulez bien, arrêtons-nous quelques minutes afin d’évaluer individuellement notre niveau de connaissance et de maîtrise, peut-être même, en gestion de la propreté et de la salubrité. Soyons honnêtes et profitons de ce temps précieux afin de faire le bilan de notre savoir et savoir-faire.

Gestion des opérations
 (Régisseurs, contremaîtres, chefs de secteurs)    Direction
Chefs de services, coordonnateurs,

Évaluer rigoureusement et objectivement les capacités et les limites des technologies disponibles (produits, équipements, accessoires) en fonction des immeubles à entretenir, de notre parc d’équipements actuel, des impacts sur les méthodes de travail et le rendement du service en ce qui a trait à la qualité, la quantité de travail, la durée des résultats.    Budgéter, justifier et obtenir les fonds requis, de façon récurrente et ponctuelle, en vue d’avoir toutes les ressources humaines, matérielles, financières et informationnelles appropriées.
Mettre en place des programmes d’entretien préventif des équipements et se doter d’un ensemble de remises fonctionnellement aménagées et stratégiquement localisées.    Favoriser le développement de son personnel, rehausser la fierté et la qualité du travail. Améliorer les conditions de travail. Mobiliser l’intelligence, le savoir et le savoir-faire au sein du service. Favoriser des moments de rencontres et de partage.
Maîtriser les techniques et les méthodes de travail relatives à l’hygiène du milieu, à l’asepsie de milieux spécifiques, à la protection des revêtements architecturaux, à la santé et sécurité spécifique à ce métier, à l’hygiène en milieu alimentaire, à la gestion en cas de pandémies    Faire preuve de leadership, de jugement, de rigueur. Démontrer une orientation centrée sur la satisfaction des clientèles. Résoudre des problèmes, implanter avec succès des changements.
Spécifier exactement les tâches à effectuer et les fréquences les plus appropriées afin d’assurer en tout temps des immeubles propres et salubres, le respect des lignes directrices en désinfection, la sécurité des lieux et la protection du patrimoine bâti. Évaluer les heures d’exécution requises et adapter les circuits de travail en conséquence.    Mesurer la conformité et le rendement du service de salubrité à l’aide d’indicateurs de rendement crédibles, rigoureux, de mini vérifications réalisées à l’interne et d’autres vérifications externes indépendantes.
Identifier les risques imminents ou potentiels et prendre les mesures appropriées afin soit de les neutraliser, soit de les faire disparaître.    Préparer ou participer à l’élaboration de programmes de communication interne et de sensibilisation des usagers. Favoriser la responsabilisation des autres intervenants dans nos établissements, assurer la promotion et la reconnaissance du métier de salubriste au sein de la communauté.
Budgéter et justifier les sommes requises en vue d’avoir toutes les ressources humaines, matérielles, financières et informationnelles appropriées.    Évaluer son équipe de cadres et d’assistants, de chefs d’équipe. Gérer les employés difficiles.
Effectuer régulièrement, et selon une méthodologie rigoureuse et des normes précises, des inspections qui permettent de connaître l’évolution de l’indice de propreté en fonction des secteurs, des quarts de travail, des périodes de l’année, des catégories de travaux.    Maîtriser les bonnes pratiques de gestion des contrats de nettoyage. Évaluer avec équité, rigueur et transparence les soumissions en fonction de critères monétaires, opérationnels et de conformité administrative.
Contribuer avec les services d’approvisionnement au développement du contenu technique des appels d’offres et superviser adéquatement des entrepreneurs privés retenus (accueil, démarrage, inspections régulières, évaluations périodiques, etc.).    Connaître et assurer le respect des normes, des lois, des règlements et des lignes directrices émis par diverses instances.
Préparer et animer des rencontres individuelles et de groupe (employés, services clients, fournisseurs).    Connaître et appliquer les bonnes pratiques en vue de développer le parc immobilier de façon durable et respectueuse de l’environnement et de la santé des occupants.
Mobiliser l’intelligence, le savoir et le savoir faire de notre personnel. Évaluer le rendement de son personnel, faire de la formation en milieu de travail. Améliorer leur qualité de vie.    
Faire preuve de leadership, de jugement, de rigueur. Démontrer une orientation centrée sur la satisfaction des clientèles. Résoudre des problèmes, implanter avec succès des changements.   

Le temps est venu pour chacun, gestionnaires en place et relèves émergentes, de faire, à partir de cette carte de connaissances et de compétences, le bilan de son niveau de connaissance et de maîtrise.
Aucun milieu n’est à l’abri de dérives ou d’épisodes d’éclosions bénignes ou majeures. Tant pour les institutions publiques que pour les entreprises privées de nettoyage, commerces, grandes collectivités et parcs immobiliers privés, l’hygiène du milieu, tout comme la protection et la conservation de notre environnement, ne sont pas seulement des options à envisager. Plus que jamais, ce sont des besoins essentiels et vitaux à garantir aux humains en vue de nous conserver vivants et en santé.
Que nous soyons des vieux de la vieille, une relève en émergence, ou bien des gestionnaires multiservices, qui connaissent peu ou pas ce qui est nécessaire à une gestion sanitaire moderne et efficace, il nous faut être prêts à évoluer professionnellement dans le domaine et à contribuer à rehausser les normes de bonnes pratiques. Nos institutions et la société en général ont des attentes élevées et légitimes envers notre profession, envers nous tous. Elles ont besoin de compter sur des hommes et des femmes articulées, compétentes, dévouées, ayant à cœur d’assurer des milieux de vie et des milieux de travail sains et salubres qui protègent l’environnement bâti. Nombreux sont les défis à relever. Serons-nous de ceux qui pourront continuer, qui devront continuer plus que jamais à les relever adéquatement, de façon diligente et responsable ?
Avec le départ appréhendé pour la retraite de plusieurs responsables, les prochaines années seront cruciales afin de consolider notre champ de pratique professionnelle. Il est de notre devoir de prendre tous les moyens appropriés qui nous permettront de transmettre ce savoir et ce savoir-faire à la génération qui nous suit. C’est une question d’utilité publique et de responsabilité professionnelle intergénérationnelle qui nous incombe.
 
 
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